Anti-américanisme ?

 

01 Novembre  2001

Dans le nouveau mouvement contre l'impérialisme américain, on peut constater une aversion profonde pour les Américains, dans les pays arabes et en Amérique latine, mais aussi en Grèce et en Allemagne.
Souvent on entend dire que « les Américains » veulent dominer le monde. On a une attitude élitaire envers les Américains qu'on considère comme incultes et ignorants, menés et manipulés par un président provincial. Les Américains sont présentés comme une masse d'idiots patriotiques qui agitent partout des drapeaux américains.

Tels images peuvent être justes pour une partie de la société américaine. Il faut aussi distinguer entre le racisme anti-arabe ou anti-latino-américain et le nationalisme anti-américain des peuples opprimés dans les pays du tiers monde.

Néanmoins, comme marxiste, il faut lutter contre l'anti-américanisme, parce qu'il est basé –comme tous les nationalismes –sur le concept de nations qui distingue entre les nations qui sont bon ou mauvais, progressiste ou réactionnaire et ne pas sur le concept de classes.

Même si les préjugés contre « les Américains » ne sont pas pareils à ceux contre « les Arabes », ils sont aussi superficiels et faux et ignorent la nature de la société de classes.

Surtout la gauche européenne occidentale, et en particulier la gauche allemande (et autrichienne), doit être prudente envers les tendances anti-américaines existantes afin de ne pas soutenir (involontairement) les intentions de l'impérialisme européen. Même si les États-Unis sont doute la puissance hégémonique et que le mouvement anti-guerre doit se porter contre l'agression impérialiste des États-Unis, l'ennemi principal pour les marxistes européens se trouve toujours dans leur propre pays.

Les essais d'une partie de l'extrême droite de participer aux manifestations anti-guerre (avec des slogans traditionnellement de gauche et anti-américains) montrent que la gauche allemande et autrichienne doit prendre position explicitement, particulièrement parce que dans ces pays il y a le danger que l'extrême droite utilise l'anti-américanisme pour minimiser les crimes du nazisme.

Le devoir dans le mouvement anti-guerre est aussi de soutenir l'orientation anti-impérialiste, de combattre les tendances anti-américaines et de chercher le contact et la coopération avec le mouvement anti-guerre aux États-Unis. Nous devons souligner que la politique réactionnaire des États-Unis en Iraq, en Asie centrale, en Amérique Latine ou dans les États balkaniques est la politique de la classe dirigeante.

Mais majorité de la population américaine fait partie de la classe ouvrière ou sous-prolétaire pour laquelle les conditions de vie ont reculé depuis les années quatre-vingt tous les Américains ne soutiennent pas a politique du gouvernement et du gros capital.

Il faut aussi souligner que seulement un quart des électeurs a voté pour le gouvernement de George Bush.

Le mouvement ouvrier et la gauche aux États-Unis ont effectivement une tradition respectable (même si son développement est très différent de celui en Europe à cause des éléments spécifiques du capitalisme américain) : déjà en 1877 et en 1892/94 il y eut les premières révoltes des ouvriers, puis une vague de grèves après la Première Guerre Mondiale. Ce mouvement s’accompagna d’une forte solidarité pour les ouvriers soviétiques et, à Seattle, des ouvriers se sont emparés du pouvoir pour un certain temps.

Des vagues de grèves suivirent en 1933/35 et en 1944/46 avec des combats militants contre l'armée et la police. Ces conflits furent souvent menés aussi contre les bureaucraties syndicales et les organisations de la gauche radicale jouèrent parfois un rôle important.

Dans les années 60 et 70 des différents mouvements, comme celui en faveur des droits civiques pour les Afro-américains, celui des étudiants socialistes et le mouvement contre la guerre au Viêtnam représentèrent une force puissante devenant dangereuse pour la classe dirigeante. Cette pression politique à l'intérieur joua un rôle important dans la défaite de l'impérialisme américain au Viêtnam.

Dans les années 1990 le mouvement ouvrier américain a pris un nouvel essor. En 1997 des centaines de milliers d'employés non protégés du transporteur privé UPS se mirent en grève pour réclamer une assurance sociale et un emploi fixe. À cause des blocages des livraisons, l'entreprise UPS enregistra des pertes se chiffrant en milliards et dût finalement faire des concessions aux ouvriers.

En 1998 des grèves chez General Motors, qui durèrent des semaines, permirent d’éviter la fermeture d'usines et la baisse des salaires en dépit de grosses pertes du trust.

La grève de 69 jours chez Boeing et celle chez Bell Atlantic (télécommunication) se terminèrent aussi par des succès pour les salariés.

En 2000 chez l'agence de télécommunication Verizon, 85 000 employés ont fait grève et ont protesté contre les heures supplémentaires ordonnées par la direction, contre les conditions de travail dans les « call centers » et pour la création de syndicats. Après deux semaines de grève et de conflit entre les piquets de grève et la police, la direction de Verizon dû capituler et faire droit aux revendications des employées et employés.

Dans le mouvement ouvrier américain il y eut aussi une approche internationaliste : les syndicats de l'industrie électronique ont commencé à collaborer avec leurs confrères du Mexique. Depuis les années 90, quand on a commencé à remplacer les anciens dirigeants corrompus par des nouveaux plus combatifs, on tenta systématiquement et avec succès d'organiser les 10 millions de salariés de latino-américain qui vivent aux États-Unis, comme par exemple le personnel de ménage, les employées dans les blanchisseries et les cueilleurs de framboise de Californie, qui eux aussi ont fait des grèves massives.

Aux mouvements contre la mondialisation capitaliste à Seattle (novembre 1999) participèrent aussi des dockers, des ouvriers métallurgistes et des travailleurs des transports. À Québec (en avril 2001) il y eut des dizaines de milliers d'ouvrières et d’ouvriers du Canada (des mécaniciens de voitures et des employé(e)s des postes), mais aussi du Mexique et des États-Unis.

Les États-Unis avec leur gauche politique jouèrent un rôle important dans le développement du mouvement contre la mondialisation, non seulement dans les manifestations à Seattle et à Washington, mais aussi comme impulsion pour le mouvement international. Même si ce mouvement anti-mondialisation et le mouvement ouvrier sont sous pression depuis la campagne nationaliste développée après le 11 septembre, il y a une forte opposition contre la guerre et contre l'occupation en Iraq, avec des manifestations dans beaucoup de villes et avec des protestations dans de nombreuses universités.

Bien que quelques syndicats aient capitulé devant le nationalisme, plusieurs se sont prononcés contre la guerre (surtout à New York) et c'est avec eux que le mouvement anti-guerre en Europe doit chercher la collaboration et désapprouver les tendances anti-américaines.

Plakate


Strom,Miete.jpg

Publikationen


Broschüre 41.jpg Broschure-46-Titelseite.jpg Buch33-1.jpg JS.jpg M35 Cover.jpg Schriftenreihe 23.jpg